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Eglise Saint-Rémi
L’église Saint-Rémi a aussi son histoire, et si elle n’a pas la même valeur architecturale que certaines églises Haut-Marnaises, elle n’en est pas moins classée monument historique 2ème catégorie par une décision du ministre de l’Éducation nationale et des beaux-arts datant de 1925.
Elle présente en fait quelques originalités. Comme toutes les églises de France, elle a la forme de croix, mais à laquelle il manquerait un bas-côté. L’explication en est assez simple. En 1544, lors de l’incendie allumé par l’armée de Charles Quint, elle fut en partie détruite. Elle fut, bien sur reconstruite, mais pas entièrement comme en témoigne les amorces d’arcades, situées dans les nefs centrales et Sud, destinées à former la voûte. Les moyens financiers en furent certainement la cause et un plafond en bois remplacera la voûte prévue. Témoins aussi un plan de 1792, retrouvé par l’abbé Trompette, qui prévoyait la reconstruction de la nef latérale Nord.

Ceci explique que les différentes parties de l’église ne soient pas de la même époque. D’après des recherches effectuées par l’abbé Thiebaut, curé de la paroisse de 1839 à 1894, les deux nefs datent vraisemblablement de la seconde moitié du XVIème siècle, le sanctuaire plus ancien du XIVème. Quant au chœur, sa fenêtre ogivale lancéolée ainsi que ses piliers, faits d’une colonne entourée de colonnades, surmontées de chapiteaux, le font remonter au XIIIème. Le clocher quant à lui, occupait une tout autre place puisqu’il se trouvait au-dessus du chœur.
Il n’avait pas été épargné par le feu et avait dû être rasé en partie afin d’éviter qu’il ne s’écroule sur les fidèles. C’est pour cette raison, d’ailleurs, qu’on n’a pu le restaurer; les murs n’auraient pas supporter le poids de la construction nouvelle.
Le clocher actuel fut construit en 1869. La première pierre fut posée le 10 juin par l’évêque de Langres, et le coq retrouva sa place au sommet de la croix le 3 octobre. Le clocher construit en pierre de taille, haut de 32 m, est flanqué de deux tourelles, l’une desservant le beffroi, l’autres donnant accès à la tribune.
D’autres part, il faut le signaler, qu’un noble Isaac de la Folie, Seigneur de la Cobiche, à fait construire et orner, au début du XVIIème siècle l’autel de la chapelle de la Vierge où il est d’ailleurs inhumé.
De nouveaux travaux seront entrepris en 1924 - 1925 et concerneront cette fois la toiture et le plafond de l’église. Mais l’église subira encore les outrages du temps. C’est ainsi qu’en 1957, le conseil municipal sera obligé de procéder une nouvelle fois à la réfection de la toiture. En effet, celle-ci offrait si peu de protection que l’église faisait eau de toute parts, malheureusement, les plâtres dont les murs étaient recouverts ainsi que les peintures qui les ornaient avaient subi d’importants dégâts. L’abbé Trompette, curé de la paroisse depuis 1939, consulta les beaux-arts afin de savoir comment sauver ce qui restait des peintures du sanctuaire. Il lui fut répondu de faire tomber les plâtres, ce qui fut fait par l’entreprise Urbain.

Les travaux commencés en 1959, furent terminés à Noël et quelques paroissiens, surpris du résultat obtenu, décidèrent de débarrasser l’église entière de sa couche de plâtre. Pendant le grattage, M. le curé, qui s’était mis aussi à l’œuvre, découvrait derrière l’autel de la Vierge une fenêtre antérieure à la révolution, et un peu plus loin les vestiges d’un portique gréco-romain datant du XIIIème siècle et détruit sous Louis XVIII.
«C’est à cette époque que la plupart des églises furent plâtrées».
L’église rendue à son état primitif grâce à des personnes de bonne volonté, il restait néanmoins à réparer les piliers, refaire les embrasures des fenêtres, remplacer les vitraux et surtout restaurer la sacristie qui était en piteux état. Les premiers frais de restauration étaient très importants et les dons des habitants ne suffisaient pas. Aussi l’abbé Trompette lança-t-il l’opération débarras qui lui permit, grâce aux produits de la vente des chiffons, papiers et de la ferraille récoltés de terminer les travaux.
L’église pendant la Révolution de 1789.
Si l’église a subi les outrages du temps, elle a aussi subi ceux des hommes, d’abord en 1544, mais aussi sous la Révolution. A partir de la fin 1793, début 1794, l’église fut fermée au culte. Des trois cloches, une seule put être conservée et servait uniquement à sonner les clubs «sociétés politiques» qui se réunissaient dans l’église. Les deux autres furent certainement fondues et transformées en canons. Ce n’est qu’en 1822, que trois nouvelles cloches prendront place dans le clocher et appelleront de nouveau les fidèles à la prière. De plus, pendant cette période sanglante, toutes les richesses que renfermait l’église seront pillées. Des tableaux seront déchirés, la statue de Saint – Rémi, patron de la paroisse, aura la tête brisée. Le grand Christ subira d’ailleurs à peu près le même sort. Néanmoins quelques statues, cachées par les habitants pourront être sauvées.
Est-ce le hasard, ou bien «le châtiment infligé par la vengeance divine», comme le dira un des curés de la paroisse; toujours est-il que l’un des coupables, «après avoir dissipé tout son bien, en sera réduit à mendier et mourra exécré de tout le village». Quant à celui qui avait brisé le Christ, peu de temps après, il aura les deux jambes coupées dans un accident.
Pendant cette période de terreur, le curé de Villiers-en-Lieu, M. Sourdat, bien qu’ayant prêté serment à la Constitution, renoncera à tout exercice du culte catholique et quittera la commune afin d’éviter d’éventuelles persécutions. Il se retirera à Châlons-sur-Marne et deviendra garde magasin. Après la terreur, il reviendra à Villiers-en-Lieu en 1796, et sera de nouveau nommé curé en 1803.
Texte de Mr Leriche.







